Edition 05 | 2014

ORIENTATION

Choix professionnel et carrière

L’espoir, ressource pour la carrière

L’espoir est lié à différents aspects positifs de l’évolution de la carrière: la certitude, la performance, la satisfaction et la motivation. Il peut aussi être renforcé dans le cadre de l’orientation professionnelle, universitaire et de carrière.

Par Andreas Hirschi et Domingo Valero, chercheurs à l’Institut de psychologie de l’Université de Berne

Dans la recherche, l’espoir est décrit comme l’aptitude consciente à trouver et à oser emprunter les voies menant aux objectifs visés. Les personnes pleines d’espoir sont donc celles qui savent ce qui leur permettra d’atteindre leurs objectifs et qui osent se lancer. L’espoir dépasse l’optimisme: les optimistes espèrent certes une belle fin mais ne connaissent pas forcément le moyen d’y parvenir ni la contribution qu’ils peuvent apporter. Le monde du travail actuel étant fortement marqué par la flexibilisation et des conditions de travail moins stables qu’autrefois, l’espoir en tant que ressource psychologique gagne en importance. L’espoir aide à mieux gérer les incertitudes, les revers et les changements inattendus. Les personnes pleines d’espoir trouvent plus facilement des alternatives pour atteindre leurs objectifs et croient aussi davantage pouvoir les atteindre que les personnes ayant peu d’espoir. En conséquence, les personnes pleines d’espoir prennent activement en main leurs objectifs professionnels et exploitent avec succès les différentes voies qui s’offrent à elles.

Influence positive sur la motivation, la performance et le bien-être

Un résumé de 45 études sur l’espoir dans le contexte professionnel montre que les actifs remplis d’espoir sont effectivement plus performants et affichent une satisfaction au travail et un bien-être psychologique plus élevés. Dans le cadre de notre propre recherche, nous avons constaté que les jeunes suivant une offre transitoire et les étudiants universitaires qui sont pleins d’espoir s’investissent plus dans leur exploration professionnelle que leurs camarades qui ont moins d’espoir. Nos travaux ont également mis en évidence des liens positifs chez les étudiants et les diplômés des hautes écoles entre l’espoir et la détermination professionnelle, les attentes personnelles en termes d’efficacité, la satisfaction au travail, l’engagement professionnel et la satisfaction de l’évolution de la carrière personnelle. Dans le cadre d’une étude actuelle portant sur les facteurs de motivation dans le choix professionnel («Motivationale Grundlagen der Berufswahl»), financée par le Fonds national suisse, nous avons examiné le rôle de l’espoir chez les jeunes Suisses au début de l’apprentissage. Sur la base d’une enquête auprès de 600 jeunes environ dans différentes professions et de plus de 100 formateurs, nous avons pu montrer que l’espoir a un lien positif avec la motivation au travail et la performance. Nous avons déterminé la motivation au travail grâce à trois facteurs: les objectifs professionnels (qui sont autodéterminés), les attentes personnelles en termes d’efficacité et le fait de vivre des émotions positives au travail. Il en est ressorti que l’espoir entretient un lien positif avec chacun des trois facteurs. Nous avons en outre constaté que les apprentis dotés d’un grand espoir envisageaient moins d’interrompre leur formation et que leur performance était jugée meilleure par leurs formateurs.

Intervention ciblée

L’orientation professionnelle, universitaire et de carrière et la préparation au choix professionnel pourraient profiter d’une prise en compte de l’espoir comme ressource. Une possibilité consisterait à mesurer l’espoir à l’aide de questionnaires standardisés. Sur cette base, les jeunes et les adultes affichant peu d’espoir pourraient être soutenus de manière ciblée, étant donné qu’ils ont probablement un besoin particulièrement élevé de conseils et de coaching en ce qui concerne leur carrière. Une autre solution serait d’encourager l’espoir de façon ciblée dans le cadre du conseil et de la préparation au choix professionnel. De premières études empiriques montrent que l’espoir peut être encouragé de manière positive, du moins à court terme, grâce à des techniques de conseil spécifiques (cf. encadré).

Liens et références bibliographiques

Hirschi, A. (2014): Hope as a resource for self-directed career management: Investigating mediating effects on proactive career behaviors and life and job satisfaction. In: Journal of Happiness Studies. Berlin, Springer.
www.aop.psy.unibe.ch
Valero, D., Hirschi, A., Strauss, K. (à paraître): Hope in the early career: Mediating effects of work motivation on performance and turnover intentions.
Valero, D., Hirschi, A., Strauss, K. (2014): Hope in relation to job performance, and turnover intentions: Testing direct and mediated effects through can do, reason to, and energized to work motivation. Paper presented at the International Work Psychology Conference. Sheffield University Management School.
Snyder, C. R. (2002): Hope theory: Rainbows in the mind. In: Psychological Inquiry (N° 13 [4], p. 249-275). Londres, Taylor & Francis.

Encadré

Augmentation de l’espoir dans l’orientation

L’espoir peut être renforcé dans l’orientation professionnelle et la préparation au choix professionnel en intégrant les éléments ci-après:
1. Définir des objectifs et des objectifs intermédiaires individuels importants et réalistes.
2. Identifier les éventuels obstacles à l’atteinte des objectifs et développer des stratégies permettant de gérer ces obstacles.
3. Définir des alternatives.
4. Identifier des ressources personnelles et sociales qui aident à atteindre les objectifs définis et à gérer les obstacles; encourager si nécessaire ces ressources (grâce au mentorat, à des réseaux, au perfectionnement, à des stages, par exemple).
5. Planifier les prochaines étapes concrètes.

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Le prochain numéro paraîtra le 23 octobre. Focus: Agilité