Edition 05 | 2014

Focus "Compétences"

L’orientation dans le Plan d’études romand

Apprendre à opérer un choix

L’orientation constitue un moment clé dans la scolarité des élèves. Le Plan d’études romand (PER) fournit un cadre pour cet enseignement qui doit aider les élèves dans leurs réflexions et démarches aboutissant à un projet scolaire ou professionnel.

Par Ingrid Rollier, rédactrice de PANORAMA

Dans le PER, l’orientation fait partie de la formation générale. Elle n’est pas considérée comme une discipline mais s’inscrit dans la thématique «Construire un ou des projets personnels à visée scolaire et/ou professionnelle», et prend place durant les trois dernières années de la scolarité obligatoire. Chaque canton dispose d’une importante marge de manœuvre dans l’application du PER. Selon les législations cantonales, l’orientation de l’élève fait l’objet d’une période hebdomadaire de la 9e à la 11e année ou d’un certain nombre de leçons réparties sur deux ou trois ans. Parfois, des éléments sont intégrés dans d’autres enseignements. Les appellations diffèrent aussi: éducation au choix, information et orientation scolaire et professionnelle, approche du monde professionnel, options de compétences orientées métiers. Le PER indique les apprentissages à favoriser, les objectifs et les capacités transversales mises en œuvre. L’élève apprend progressivement à explorer le monde professionnel par le biais de matériel d’information et des interactions: salons des métiers, présentations par des professionnels, stage en entreprise, etc. Il élargit ses possibilités en prenant connaissance de nouveaux métiers. L’élève est aussi amené à s’interroger sur lui-même, à connaître ses envies, ses intérêts et ses ressources. Il doit pouvoir discerner ce qu’il est capable de faire et s’autoévaluer. Il élabore peu à peu son projet professionnel. Pour soutenir cette démarche, les cantons mettent à disposition des moyens d’enseignement spécifiques, le plus souvent constitués d’un classeur facilement adaptable. Daniel Forchelet, responsable du secteur Orientation scolaire et professionnelle à la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP), cite en exemple le guide du choix professionnel de Reinhard Schmid, utilisé à Genève et en Valais: «Cet outil accompagne les jeunes pas à pas. Il les aide à opérer un choix conscient, à le remettre en question et finalement à le consolider.» Dans le canton de Vaud, la Direction générale de l’enseignement obligatoire a choisi d’élaborer, en collaboration avec le service cantonal de l’orientation, son propre matériel en s’appuyant sur les outils existants mais adaptés à la nouvelle loi sur l’enseignement obligatoire. En fin de cycle, l’élève développe des compétences pratiques en lien avec l’insertion professionnelle: savoir se présenter, rédiger une lettre de motivation, etc. Vaud et Neuchâtel prévoient en outre des options renforçant les compétences attendues par la formation professionnelle initiale: technologiques, techniques, artisanales, créatrices, etc. En Valais, une attestation de compétences générales de l’élève, délivrée par l’enseignant ou l’enseignante en fin de 10e année, mentionne les compétences qui peuvent être appréciées dans une activité professionnelle. Celle-ci relève par exemple des capacités de communication ou des capacités manuelles et leurs applications possibles dans un métier.

Des capacités transversales

Dans certains cantons, ce sont les titulaires de classes qui prennent en charge l’enseignement de l’orientation scolaire et professionnelle. Leur formation est assurée par les psychologues conseillers en orientation et/ou les hautes écoles pédagogiques. Elle doit leur permettre de connaître et de comprendre le monde professionnel, et la manière d’interagir avec les adolescents dans les questionnements propres au choix professionnel, en adaptant leur action aux besoins de chaque élève. Les enseignants collaborent avec les psychologues conseillers en orientation qui interviennent dans les classes ou de manière individuelle auprès d’élèves. L’objectif est que chaque jeune termine la scolarité obligatoire avec un projet scolaire ou professionnel. Viridiana Marc, responsable du PER à la CIIP, souligne que la nouveauté du PER est de favoriser un croisement disciplinaire et d’agir sur le développement de capacités transversales: la collaboration, la communication, la pensée créatrice, les stratégies d’apprentissage et la démarche réflexive. Ces capacités sont développées dans toutes les disciplines. Ce type d’enseignement demande aux enseignants d’adopter une nouvelle attitude pédagogique. «Cela ne va pas de soi», admet André Allisson, responsable des dossiers pédagogiques en lien avec le PER au Service de l’enseignement obligatoire à Neuchâtel, avant d’ajouter: «Il n’est en effet pas facile d’inciter les élèves à poser un regard critique sur leur démarche d’apprentissage, à formuler comment ils ont appris et comment ils pourront utiliser ces savoirs ou compétences dans un autre domaine.» Idéalement, dans les cours d’orientation, non seulement les élèves développeront un projet, mais ils devront acquérir la capacité de prendre une décision en sachant pourquoi et comment. Ils posent ainsi les jalons pour pouvoir mener une réflexion analogue dans leur future vie professionnelle.

Liens et références bibliographiques

www.plandetudes.ch/per
www.lehrplan21.ch
Schmid, R. (2011): Portfolio du choix professionnel. Bülach, S&B Institut.
www.portfolio-du-choix-professionnel.ch
www.myorientation.ch
HEP-BEJUNE (2014): Dossier – Itinéraires du Plan d’études romand. In: Enjeux pédagogiques (N° 23). Porrentruy.

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