Edition 05 | 2016

Focus "Professions à petit effectif"

Orthopédie

Problème d’exode

Près de 50% des orthopédistes ayant obtenu leur CFC quittent la profession après quelques années. Comment y remédier?

Par Laura Perret Ducommun, rédactrice de PANORAMA

En tant que profession à petit effectif, l’orthopédie constitue un exemple intéressant à plusieurs titres. En Suisse, il existe environ 100 entreprises d’orthopédie, dont la moitié forme des apprentis. Actuellement, quelque 80 jeunes suivent un apprentissage de quatre ans dans cette profession. Deux écoles professionnelles offrent des cours pour cette filière: l’Allgemeine Berufsschule de Zurich et l’EPSIC de Lausanne. Selon Florian Wallner, orthopédiste diplômé et membre du comité de l’Association suisse des techniciens en orthopédie (ASTO), la profession rencontre des difficultés pour former la relève: les apprentis sont peu nombreux et la moitié des personnes formées quittent la profession après quelques années. Pour aller où? Dans des métiers artistiques tels que facteur-trice d’instruments de musique. Les raisons du désintérêt sont multiples. En premier lieu, les salaires sont peu attractifs par rapport au niveau de responsabilités. Étant donné que les orthopédistes travaillent avec des personnes souffrant de handicap, la charge psychologique est assez lourde pour des jeunes. Les salaires sont principalement définis en fonction du tarif de remboursement fixé par l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) en raison du volet médical de la profession. Ce tarif fait l’objet d’une négociation entre l’association professionnelle et l’OFAS. Autre problème: pour être reconnue par les assurances sociales, une entreprise d’orthopédie doit employer au moins une personne titulaire du diplôme fédéral. Or, seuls un ou deux orthopédistes diplômés sont formés par année en Suisse. Par ailleurs, dans une petite entreprise d’orthopédie, toute la gamme de la profession n’est pas disponible, si bien que l’activité peut devenir monotone avec le temps. Enfin, les enseignants des branches professionnelles sont rares et les honoraires modestes. Quant aux cours d’anatomie et de pathologie, les médecins prêts à les dispenser sont difficiles à trouver. Pour faire face à ces défis, l’ASTO négocie activement avec l’OFAS et s’emploie à rendre la profession plus intéressante et polyvalente. Elle organise les cours interentreprises ainsi que des visites pour les apprentis. En raison du nombre peu élevé de personnes en formation, les classes de 1re et de 2e année sont regroupées à l’EPSIC. Certains cours sont donnés une année sur deux, ce qui implique parfois des difficultés de coordination parce que la matière enseignée ne correspond pas toujours à la formation pratique. Florian Wallner reste optimiste pour l’avenir. Il estime que l’apprentissage est parfaitement adapté à cette profession manuelle et espère que le taux de professionnels restant dans le métier va progresser.

Liens et références bibliographiques

Trede, I., Schweri, J. (2012): Parcours professionnel des assistantes et assistants en soins et santé communautaire à l’issue de leur formation. Zollikofen, IFFP.

Encadré

ASSC plus fidèles

Le métier d’assistant-e en soins et santé communautaire (ASSC) compte parmi les professions fréquemment choisies dans le domaine de la santé. Selon une enquête de l’Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle, le taux d’ASSC qui envisagent de quitter la profession deux ans après l’obtention du CFC est nettement inférieur à celui des orthopédistes (de l’ordre de 21%): 11% des ASSC ont ainsi l’intention de changer de branche et 10% envisagent d’embrasser une autre profession de la santé. Par ailleurs, 48% des diplômés ont l’intention de poursuivre avec une formation tertiaire en soins infirmiers (il ne s’agit pas d’une reconversion mais d’un perfectionnement).

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Prochaine édition

Le prochain numéro paraîtra le 25 octobre. Focus: Égalité des sexes