Edition 06 | 2015

FORMATION

Offres transitoires et semestres de motivation

Une personne sur quatre bénéficie d’une solution transitoire

Beaucoup de jeunes ne peuvent accéder à un apprentissage ou à une école de formation générale à l’issue de leur scolarité. Les solutions transitoires leur offrent une passerelle vers la formation. Un rapport du Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation fait le point sur les solutions financées par les pouvoirs publics.

Par Charles Landert, Landert Brägger Partner

Les offres transitoires (OT) et les semestres de motivation (SEMO) font partie des mesures coûteuses au moment de la transition I. Ces dispositifs s’adressent aux jeunes qui présentent des lacunes de formation, des parcours chaotiques, des difficultés d’intégration linguistique et culturelle ou encore un manque de maturité pour commencer une formation professionnelle initiale. On distingue cinq profils de solutions transitoires:
– les OT cantonales avec profils «école», «combi» (pratique et école) ou «intégration» (linguistique et culturelle). La Confédération cofinance les OT dans le cadre des forfaits alloués à la formation professionnelle;
– les SEMO destinés aux jeunes bénéficiant de l’une des mesures financées par l’assurance-chômage;
– l’année de préparation professionnelle pour les jeunes ayant suivi une scolarité spécialisée (école intégrative); elle n’est pas mentionnée dans la loi sur la formation professionnelle.
Les OT et les SEMO se distinguent du point de vue du financement, des programmes, de la durée, du moment où ils interviennent ainsi que du profil des clients (âge et compétences).

Bon taux de passage

En 2013/2014, l’Office fédéral de la statistique a recensé 16'500 personnes ayant profité des offres de transition. Nous estimons à 300 places la capacité des écoles intégratives. Pour les SEMO, le nombre de places s’élève à 2850. Au total, 19'650 personnes ont bénéficié d’une solution transitoire financée par les pouvoirs publics, soit 22,6% des jeunes de 16 ans (sur un total d’environ 87'000). Le taux est toutefois plus élevé si l’on considère l’année entière (fluctuation), de même qu’une période plus longue. Sur dix ans par exemple, le taux de personnes recourant à une solution transitoire financée par les pouvoirs publics s’élève à plus de 25% d’une promotion d’élèves en fin de scolarité. L’organisation au moment de la transition I (recensement précoce des «cas», information professionnelle, examen de la population d’élèves, répartition, solutions transitoires, coaching, case management, coordination des acteurs, etc.) est fonctionnelle dans la plupart des cantons. Professionnalisation et différenciation sont les caractéristiques du travail accompli ces quinze dernières années. Les efforts consentis pour un développement cohérent du système ont porté leurs fruits: selon le canton, le profil et l’année, entre 50 et plus de 80% des personnes ayant achevé une OT ont pu entreprendre un apprentissage ou des études dans une école de formation générale (46% pour les SEMO en 2013).

Aucune mesure temporaire

Les solutions transitoires ne sont pas une mesure temporaire lorsque les entreprises traversent des phases de capacités d’accueil limitées. Avec l’abaissement de l’âge d’entrée à l’école (HarmoS), les besoins pourraient bientôt s’accroître. Beaucoup de jeunes ne peuvent accéder à une formation sans aide. Certains cantons souhaitent pourtant réduire le nombre de places pour les OT par souci d’économie. Les modèles portant sur les coûts induits par le chômage, la maladie et l’invalidité, l’aide sociale, voire l’intervention de la police et de la justice, montrent que le fait de négliger les mesures préventives a très vite des répercussions. Compte tenu de l’état des lieux, une attention particulière doit être portée:
– à l’observation globale et au pilotage de la transition I;
– à l’uniformisation de la terminologie et des chiffres clés; à la saisie de données pertinentes;
– à la sensibilisation du grand public, en quantifiant notamment les succès des solutions transitoires;
– à la définition de processus standard et à la garantie d’un encadrement continu;
– au renforcement de la prévention (spécifique à chaque branche) en matière de résiliation de contrats d’apprentissage;
– à la garantie de l’égalité de traitement entre les jeunes dans les écoles spécialisées;
– à l’observation des jeunes ayant immigré tardivement ainsi que des requérants d’asile mineurs et non accompagnés;
– à la coordination des solutions transitoires et du case management ainsi que des OT et des SEMO;
– (au secondaire I) aux mesures visant à promouvoir l’insertion professionnelle; il faut amener les écoles à poursuivre le même objectif en matière d’insertion professionnelle.
Les cantons ayant pris connaissance de l’état des lieux, la Conférence suisse des offices de la formation professionnelle examine à présent la mise en œuvre des propositions du rapport.

Liens et références bibliographiques

Landert, Ch., Eberli, D. (2015): Solutions transitoires au moment de la transition I – Etat des lieux. Berne, SEFRI.

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Prochaine édition

Le prochain numéro paraîtra le 13 décembre. Focus: Hausse des exigences