Edition 06 | 2015

FORMATION

Qualification des adultes à Genève

Des examens préalables pour déterminer le besoin de formation

A la Cité des métiers du Grand Genève, les conseillers se réfèrent à des experts issus du monde professionnel pour déterminer les besoins individuels de formation des consultants adultes. Une idée qui sous-tend aussi un projet intercantonal de qualification des adultes.

Par Pierre-Yves Puippe, rédacteur de PANORAMA

A Genève, le dispositif de formation et de qualification des adultes accueille actuellement près de 2500 personnes. Parmi celles-ci, 800 sont en situation d’attente, car la voie de formation adéquate n’est pas encore accessible. Les autres se répartissent comme suit: 10% effectuent une formation professionnelle initiale traditionnelle en école, 15% sont inscrits dans des formations de groupe (élaborées pour des adultes et des métiers précis compte tenu de la demande), 60% préparent une validation des acquis et les 15% restants suivent différentes formations modulaires.

Professionnels consultés

Pour guider les candidats et candidates dans la voie de formation appropriée, le canton de Genève cherche à positionner au mieux les personnes dont le parcours manque de lisibilité. Avec l’aide d’un spécialiste du métier visé, il s’agit de déterminer les compétences professionnelles qui font défaut en vue de l’obtention d’une certification. Elément essentiel du système, ce positionnement apporte une aide à la décision et permet également de repérer les personnes qui doivent d’abord effectuer une formation pour acquérir les compétences de base. Après avoir identifié les manques, des formations modulaires peuvent être proposées. Dans 85% des cas, les candidats à une procédure de validation des acquis doivent suivre des modules complémentaires pour décrocher leur titre. Pour le candidat, voir son parcours professionnel reconnu, même partiellement, est encourageant: son expérience a une certaine valeur. Par ailleurs, il peut organiser sa formation avec plus de souplesse, préservant ainsi aussi bien sa vie de famille que son activité professionnelle. La formation modulaire permet aussi de gérer mieux les coûts: une formation complète de 688 heures coûte évidemment plus cher que deux modules de 40 heures.

Lutter contre la pénurie de personnel qualifié

Le positionnement, les formations modulaires et les accès aux procédures de validation doivent se faire en étroite collaboration avec les associations professionnelles locales ainsi que les organisations du monde du travail nationales. Concernant la validation des acquis, le guide national publié par le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation constitue un outil précieux qui garantit la qualité du dispositif en fixant un cadre très clair. La possibilité d’organiser des mises en situation est un élément qui peut être très rassurant pour les associations professionnelles mais qui est malheureusement uniquement mentionné dans les annexes du guide. Dans les années à venir, la question de la formation des adultes gagnera toujours plus d’importance. Il s’agit de répondre au manque de personnel qualifié en formant des adultes qui sont soit déjà engagés dans le marché du travail, soit en recherche d’emploi. Cette problématique touche tous les cantons. C’est pourquoi une collaboration intercantonale s’impose. Le projet IQAR (cf. encadré) en est un exemple.

Liens et références bibliographiques

www.citedesmetiers.ch

Encadré

Collaboration intercantonale

La Suisse romande élabore un projet sur l’information et la qualification des adultes romands (IQAR). Il s’agit de suivre et de financer 500 parcours depuis l’accueil jusqu’à la procédure de qualification. Après s’être annoncés, les candidats pourront bénéficier d’un positionnement qui devra déterminer leurs besoins de formation. En accord avec certaines organisations du monde du travail, des modules adaptés seront mis en place avec des examens partiels, conformément aux ordonnances de formation. Grâce à ce positionnement, il sera possible de regrouper les personnes selon leurs besoins de formation, tout en répondant aux spécificités de leur situation géographique. Le projet devrait ainsi permettre de créer des synergies en vue de relever les défis posés par le manque de personnel qualifié.

Commentaires
 
 
 
imgCaptcha
 

Prochaine édition

Le prochain numéro paraîtra le 25 octobre. Focus: Égalité des sexes