Edition 06 | 2015

Focus "Langues"

Diversité culturelle et linguistique

Par Ingrid Rollier, rédactrice de PANORAMA

(Photo: SEM Berne/ik Fuchs)

(Photo: SEM Berne/ik Fuchs)

En Suisse, le répertoire linguistique de la population est particulièrement étendu: 126 langues sont parlées par les jeunes. L’allemand, l’anglais, le français et l’italien figurent en tête de liste, suivis de l’espagnol, des langues slaves d’ex-Yougoslavie et de l’albanais, selon l’enquête ch-x «Société multiculturelle» parue cet automne. Les jeunes désirent apprendre et perfectionner les langues en premier lieu par intérêt personnel; les motivations liées aux possibilités professionnelles suivent de près. Les compétences linguistiques leur permettent d’accéder à un choix professionnel plus large, de travailler dans un autre pays, d’obtenir un emploi mieux payé et plus intéressant, et de progresser plus rapidement dans leur carrière. Les langues interviennent dans tous les domaines et sur tous les plans: individu, formation, emploi, échanges économiques et sociaux, politique, etc. Elles sont un moyen pour les uns de trouver un travail, pour d’autres de s’intégrer dans la société qui les accueille, pour d’autres encore de servir d’interprètes entre des univers culturels différents. De nouveaux types de langages apparaissent sur les réseaux sociaux. Faisant partie des formations les plus suivies, les langues représentent aussi un marché pour les organismes proposant des cours ou des séjours linguistiques. La connaissance des langues étrangères est bien plus qu’un outil permettant une communication de base. Un bon niveau de pratique apporte une ouverture sur le monde et une meilleure compréhension de l’autre dans sa dimension personnelle et culturelle. Cette compétence, qui a des effets positifs sur le développement économique, est de plus en plus recherchée par les entreprises. Le capital de connaissances linguistiques représente un atout pour l’individu et une source de richesse pour le pays. Mais sa gestion n’est pas toujours aisée, comme le démontrent les débats qui agitent actuellement la Suisse. Le statut des langues nationales se trouve ébranlé par l’expansion de l’anglais, que certains cantons entendent privilégier dans l’enseignement. Face à des enjeux multiples, la gestion stratégique des langues doit prendre en compte plusieurs facteurs: la place des langues nationales dans les échanges entre régions linguistiques, dans l’enseignement général, la formation professionnelle ou la formation des adultes; les besoins linguistiques du marché du travail; l’enrichissement de la palette linguistique par l’apport de nouvelles langues de l’immigration; l’intégration sociale et économique de la population immigrée grâce à une offre de cours appropriés. Ces préoccupations donnent lieu, depuis une quinzaine d’années, à d’intenses recherches qui portent sur l’apprentissage et l’enseignement des langues ainsi que sur les effets du plurilinguisme sur la société et l’économie. Créé en 2011, le Centre scientifique de compétence sur le plurilinguisme, dirigé par l’Institut de plurilinguisme de l’Université et de la Haute école pédagogique de Fribourg, mène des recherches appliquées dans ces domaines. A l’Université de Genève, l’Observatoire Economie Langues Formation étudie toutes les dimensions de la diversité linguistique à l’échelle nationale et internationale.

Liens et références bibliographiques

Grin, F., Amos, J., Faniko, K., Fürst, G., Lurin, J., Schwob, I. (2015): Suisse — Société multiculturelle: ce qu’en font les jeunes aujourd’hui. Glaris/Coire, Somedia.
Centre scientifique de compétence sur le plurilinguisme
Observatoire Economie Langues Formation

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Le prochain numéro paraîtra le 13 décembre. Focus: Hausse des exigences