Edition 05 | 2015

ORIENTATION

Evaluation

Les meilleurs lieux pour apprendre

Selon une étude du Centre de recherches conjoncturelles (KOF), le plan d’études cadre (PEC) «économiste d’entreprise ES» répond aux exigences du marché. Entretien avec Ursula Renold, directrice de la division de recherche Systèmes éducatifs.

Interview: Ingrid Rollier

PANORAMA: En quoi la particularité de cette enquête réside-t-elle?
Ursula Renold: Cette étude novatrice a été réalisée à la demande des responsables du plan d’études cadre des écoles supérieures afin de vérifier dans quelle mesure le PEC «économiste d’entreprise ES» répond aux besoins. L’enquête a été menée auprès de 500 personnes terminant leur formation et de 50 employeurs. Nous avons évalué point par point si chaque compétence figurant dans le programme a été acquise par les étudiants et si elle était pertinente par rapport aux tâches spécifiques effectuées au travail. Les résultats permettent de voir quelles compétences peuvent être apprises à l’école et lesquelles s’acquièrent plutôt en emploi. Ils montrent aussi que le programme est à jour et correspond aux besoins des entreprises. Reconduite chaque année, l’enquête permettra de savoir si les contenus de formation restent adéquats dans un marché du travail qui évolue et de réajuster le PEC si nécessaire.

Comment et où les compétences s’acquièrent-elles le mieux?
Une grande importance est accordée aux compétences sociales (aptitude à communiquer et à travailler en équipe, par exemple) et personnelles (conscience professionnelle, fiabilité, empathie, etc.). La plupart de ces compétences s’acquièrent plus facilement sur le lieu de travail qu’à l’école, confirmant ainsi des données de la littérature scientifique. Selon nos études, la demande en soft skills ne cesse d’augmenter. D’autres aptitudes, notamment en lien avec les processus de travail (organisation, gestion stratégique ou de projet et pensée analytique), pourraient être encore mieux entraînées à l’école.

Pourrait-on imaginer une telle étude pour d’autres types de formations?
Cette analyse très précise s’appuie sur des compétences bien définies, directement applicables à des tâches professionnelles déterminées. Elle n’est pas conçue pour des formations généralistes qui dispensent des connaissances globales ou qui ne disposent pas d’un plan d’études cadre. Elle ouvre surtout des perspectives dans la poursuite de nos recherches sur l’importance du lieu (école ou entreprise) pour le développement de telle ou telle compétence et les possibilités d’entraîner les soft skills à l’école.

Quels outils peuvent aider à rapprocher les milieux éducatifs et professionnels?
Plusieurs pays dont les Etats-Unis cherchent à s’inspirer du modèle suisse afin de développer des formations professionnelles. Dans une prochaine étude, nous mettrons au point un instrument d’analyse qui permet de mesurer, par pays, l’intensité du lien entre les deux systèmes: éducation et emploi. Nous examinerons les législations, le fonctionnement du système éducatif, les partenariats avec l’économie, etc. Avec cet instrument, les pouvoirs publics pourront repérer mieux les points sur lesquels ils peuvent agir pour favoriser l’employabilité des jeunes.

Liens et références bibliographiques

Renold, U., Bolli, Th., Rageth, L. (2015): Evaluation des Rahmenlehrplans für den Bildungsgang «dipl. Betriebswirtschafter/in HF». Zürich, KOF.
Bolli, Th., Renold, U. (2015): Comparative advantages of school and workplace environment in competence acquisition: Empirical evidence from a survey among professional tertiary education and training students in Switzerland. In: KOF Working Paper (Nr. 389). Zürich, KOF.

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Prochaine édition

Le prochain numéro paraîtra le 13 décembre. Focus: Hausse des exigences