Edition 04 | 2015

ORIENTATION

Projets de formation et leur réalisation

Le genre, le type d’école et l’origine sociale sont déterminants

En 8e année, la plupart des élèves savent quel type de formation est envisageable pour eux au degré secondaire II. Quant à la réalisation des aspirations de formation, des inégalités apparaissent selon le genre et le type d’école au degré secondaire I, ce dernier étant de son côté influencé par la situation socioéconomique.

Par David Glauser, Rolf Becker et Lena Greber, Institut des sciences de l’éducation, Département de sociologie de l’éducation, Université de Berne

La transition de l’école obligatoire à des formations certifiantes (formations professionnelles ou formations de culture générale) au degré secondaire II constitue une étape importante. Les jeunes prennent tôt des décisions qui influencent largement leurs perspectives d’emploi et de formation continue dans la suite de leur parcours. Bien que la pertinence de cette transition soit incontestable, la Suisse ne dispose guère d’études portant sur l’analyse du processus de décision en matière de formation. Ces aspects sont au centre de l’étude «Déterminants du choix de la profession et chances de formation» (étude panel DAB), qui se penche de manière détaillée à la fois sur le processus de décision et sur le passage effectif vers des formations du degré secondaire II de quelque 2300 jeunes en fin de scolarité obligatoire en 2013 en Suisse alémanique. En ce qui concerne les aspirations de formation, les données DAB montrent que la grande majorité des jeunes – indépendamment du type d’école fréquenté au degré secondaire I – ont déjà une idée claire, au milieu de la 8e année, sur les options de formations postobligatoires certifiantes qui entrent en ligne de compte. Lors de la concrétisation des aspirations de formation, des inégalités importantes apparaissent selon le type d’école et, partant, selon l’origine sociale et le genre. Les aspects suivants ont été mis en évidence:
– Les filles ont nettement plus de difficultés que les garçons lors du passage direct à une formation certifiante au degré secondaire II. Les différences à la fin de l’école obligatoire s’élèvent à 12% (garçons: 8%, filles: 20%) dans le type d’école à exigences élevées, et à 26% dans le type d’école à exigences élémentaires (garçons: 18%, filles: 44%).
– Même s’ils aspirent à suivre un apprentissage, les jeunes ayant fréquenté un type d’école à exigences élémentaires sont moins nombreux à entamer directement une formation professionnelle que les jeunes ayant fréquenté un type d’école à exigences élevées.
– Les filles ayant suivi un enseignement à exigences élevées sont plus nombreuses à vouloir entrer au gymnase et visent un niveau de formation plus élevé que les garçons.
– Comme lors de la transition vers le degré secondaire I, les aspirations en matière de formation et la transition vers le degré secondaire II sont marquées par des différences nettes selon le niveau de formation et le statut social du foyer parental.
Les désavantages des jeunes issus du type d’école à exigences élémentaires lors du passage vers des formations certifiantes, en particulier pour les filles, sont aussi significatifs lorsque l’origine sociale et le contexte migratoire sont pris en compte. Les jeunes ayant de mauvaises notes en mathématiques se tournent davantage vers une solution transitoire, alors que la note en allemand ne joue pas de rôle. Les résultats pour les filles ayant suivi une école à exigences élémentaires révèlent qu’elles ne manquent pas de motivation à suivre une formation professionnelle, mais qu’elles ne trouvent pas de place d’apprentissage. Pour les jeunes ayant suivi un enseignement à exigences élevées, il apparaît que ceux qui ont de meilleures notes sont moins nombreux à entamer une solution transitoire. Les jeunes filles optent plus volontiers pour une solution transitoire ou le gymnase que pour une formation professionnelle. L’origine sociale est déterminante dans la mesure où les garçons issus de foyers ayant un statut social élevé optent pour une maturité professionnelle en plus de la formation CFC et où les filles choisissent le gymnase plutôt qu’une formation professionnelle. Outre les résultats scolaires, d’autres critères, comme les ressources socioéconomiques des parents, déterminent la suite du parcours de formation des générations futures.

Liens et références bibliographiques

Glauser, D. (2015): Berufsausbildung oder Allgemeinbildung. Soziale Ungleichheiten beim Übergang in die Sekundarstufe II in der Schweiz. Wiesbaden, Springer VS.
Becker, R., Glauser, D. (2015): Geschlechtstypische Berufswahl und Ausbildungsentscheidung beim Übergang in nachobligatorische Ausbildungen in der Deutschschweiz. In: Haefeli, K., Neuenschwander, M. & Schumann, S. (Hrsg.), Berufliche Passagen im Lebenslauf. Befunde zu beruflichen Übergängen und Verläufen in der Schweiz (S. 21-47). Wiesbaden, Springer VS.
www.berufswahl.unibe.ch

Encadré

Esquisse du projet «Etude panel DAB»

L’étude a porté sur un échantillon aléatoire. La population englobait les classes de 8e année des écoles publiques de Suisse alémanique pendant l’année scolaire 2011/2012. Les élèves ont été interrogés au milieu de la 8e année (janvier/février 2012), au début et à la fin de la 9e année (mai/juin 2013 et août/octobre 2013) et quinze mois après la fin de la scolarité obligatoire (octobre/novembre 2014).

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Prochaine édition

Le prochain numéro paraîtra le 13 décembre. Focus: Hausse des exigences