Edition 05 | 2012

FORMATION

Volonté de former (II)

Les entreprises formatrices en pleine mutation

Depuis des années, l’activité formatrice des entreprises reste pratiquement au même niveau. Derrière les chiffres stables se cachent pourtant de nombreux changements.

Par Barbara Müller et Jürg Schweri, Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle (IFFP)

C’est l’une des caractéristiques constantes de la formation professionnelle en Suisse: les très petites et petites entreprises forment en tout plus de 70% des apprentis. La grande majorité des entreprises formatrices emploient donc au maximum un à deux apprentis. Il ne faut cependant pas sous-estimer la contribution des grandes entreprises. Car la probabilité de former croît avec la taille de l’entreprise. En chiffres absolus, les grandes entreprises forment souvent un grand nombre d’apprentis. C’est ce qui ressort des données du recensement suisse des entreprises, analysées par l’Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle. Ce recensement est une enquête exhaustive réalisée régulièrement depuis 1985 par l’Office fédéral de la statistique auprès des entreprises suisses, la dernière fois en 2008. Décrite ci-contre, l’entreprise Schibli AG présente un nombre considérable d’apprentis, ce qui est typique d’une grande entreprise. Ce qui l’est moins, c’est qu’elle en forme beaucoup par rapport au nombre d’employés. Elle contribue donc à ce que le rapport entre apprentis et employés, appelé taux d’apprentissage, soit globalement plus élevé dans l’industrie du bâtiment.

Report dans le secteur tertiaire

La structure des secteurs a évolué depuis 1985. Proportionnellement, il y a toujours moins d’apprentis dans les entreprises du secteur industriel au profit de celui des services (1985: 60%; 2008: 65%). Chez les employés, ces reports dans le secteur tertiaire sont encore plus marqués (1985: 60%; 2008: 70%).

En dépit du nombre croissant d’apprentis en chiffres absolus, le taux d’apprentissage a donc diminué dans le secteur tertiaire, alors qu’il est resté pratiquement stable dans le secondaire. Le taux dans l’industrie du bâtiment, à son faîte depuis des années, a même poursuivi sa croissance pour atteindre 10%. Aux deuxième et troisième rangs figurent toutefois des secteurs relevant des services: industrie/commerce automobile (8,3%), santé (6,8%). Le taux d’apprentissage a nettement diminué dans les secteurs des banques/assurances (3,3%) et des entreprises de services (3,9%).

En tout, la part des entreprises formatrices dans l’ensemble des entreprises suisses s’élevait à 18,4% en 2008. Le taux d’apprentissage à l’échelle nationale se situait à 5,7%. Bien que ces paramètres soient presque constants depuis 1998 (en légère augmentation), l’effectif des entreprises formatrices est sujet à une dynamique importante. En considérant un rythme de trois ans, près de 20% des places d’apprentissage sont offertes par des entreprises qui n’assuraient pas de formation au cours de la période précédente, voire qui n’existaient pas encore.

Liens et références bibliographiques

Müller B., Schweri J., Die Betriebe in der Berufsbildung: Entwicklungen 1985 bis 2008, Bundesamt für Statistik, Neuenburg, 2012 (contient un résumé en français).

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Prochaine édition

Le prochain numéro paraîtra le 13 décembre. Focus: Hausse des exigences