Edition 02 | 2012

MARCHÉ DU TRAVAIL

Réinsertion professionnelle

«Les demandes des services spécialisés sont plus spécifiques»

La fondation Intégration pour tous (IPT) s’occupe d’environ 2300 personnes par année. Son directeur Marc Genilloud explique comment son organisation accompagne les nouvelles requêtes de prise en charge.

Interview: Philippe Frossard

«IPT est un maillon de la chaîne de réinsertion.»

«IPT est un maillon de la chaîne de réinsertion.»

PANORAMA: Monsieur Genilloud, quelles sont les évolutions auxquelles IPT doit faire face?
Marc Genilloud: IPT a pour vocation la réinsertion professionnelle de gens atteints dans leur santé ou en situation de handicap. Les types d’atteintes à la santé se diversifient et la notion de handicap évolue. Par exemple, l’activité professionnelle d’une personne peut se révéler compatible avec l’évolution de son cancer. Par ailleurs, des personnes éloignées durablement du marché du travail se trouvent parfois rapidement hors jeu: combinée à une situation personnelle complexe, cette atteinte «sociale» fait partie de la notion de handicap. Les services spécialisés formulent donc des demandes plus spécifiques et ils sont plus nombreux à recourir à nos prestations, aussi bien en Suisse latine que dans les cantons de Berne, de Zurich et de Bâle.

Concrètement, comment soutenezvous la réinsertion?
Notre apport est complémentaire aux offres des ORP, de l’AI et des services sociaux. IPT propose une prise en charge d’une durée moyenne de six mois. Elle comporte l’élaboration d’un bilan socio-professionnel et une période de préparation à l’emploi consacrée au renforcement des compétences personnelles, sociales et professionnelles. Les bénéficiaires suivent alors des modules de formation et effectuent des stages pour valider leur projet. Conjointement intervient la phase de conseils suivie d’un soutien au placement fixe ou temporaire au travers d’un réseau de 10 000 entreprises partenaires. Enfin nous assurons un suivi du retour à l’emploi, tant du côté de l’employé que de celui de l’employeur.

Ce processus de prise en charge par IPT n’est-il pas trop long et rigide?
Généralement il s’impose lorsque l’inscription est personnelle, ou se fait sur indication médicale. Mais la situation des personnes, ou les prestations déjà assurées dans leur parcours auprès d’autres institutions, nécessitent de s’adapter. C’est pourquoi nous avons modularisé nos compétences clés pour les ajuster aux demandes des ORP, de l’AI, des services d’aide sociale et de la SUVA. Depuis 2011 nous leur proposons des mesures de réinsertion offrant une plus-value à leur propre processus de prise en charge. Nous pratiquons ainsi du «sur mesure» de durée plus brève, et ciblé sur les particularités des cas pour lesquels ils conviennent avec IPT de contrats de prestations. Nous développons aussi les contacts avec les collaborateurs de ces organismes pour assurer les meilleures synergies.

En quoi votre rôle se distingue-t-il de celui des organismes publics de réinsertion?
Nous positionnons notre offre de prestations dans une perspective de complémentarité. IPT présente l’avantage d’un bureau de placement spécialisé. Chaque conseiller IPT effectue en moyenne 60 visites d’entreprises par an, pour acquérir des places vacantes. Sans compter l’organisation des stages, ils procurent ainsi plus de 1000 placements fixes ou temporaires par année.

Un but de la sixième révision de l’AI est d’améliorer en six ans la capacité de gain de 17 000 rentiers. Penser qu’ils pourront réintégrer le marché du travail n’est-il pas illusoire?
Cela dépend des situations. Nous avons développé un processus spécifique où IPT devient elle-même une employeuse qui loue des services aux entreprises. C’est un atout pour la réinsertion: les entreprises sont alors plus enclines à occuper des travailleurs atteints dans leur santé, car IPT assume les risques en cas de difficulté. Grâce à une collaboration étroite avec nos mandants et le réseau d’employeurs, nous pouvons atteindre ensemble un taux de réinsertion durable de près de 40%. C’est encourageant pour des personnes victimes de burnout, de dépression, de fibromyalgie ou encore de troubles légers de la personnalité.

Liens et références bibliographiques

Fondation IPT

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Le prochain numéro paraîtra le 13 décembre. Focus: Hausse des exigences