Edition 06 | 2012

MARCHÉ DU TRAVAIL

Migration: projet soleurois

Une passerelle vers l’emploi

Avec un taux de placement de plus de 80%, le projet mené par le canton de Soleure pour favoriser l’accès à l’emploi de migrants titulaires d’un permis F ou B compte parmi les mesures d’intégration les plus réussies.

Par Franziska Schönauer, responsable du projet soleurois sur la migration.

La précision et la concentration: deux outils indispensables sur le marché du travail.

La précision et la concentration: deux outils indispensables sur le marché du travail.

Lancé en 2010, le projet soleurois vise à faciliter l’insertion rapide et durable de personnes en admission provisoire (permis F) et de réfugiés reconnus (permis B) sur le marché primaire du travail. Doté à l’origine de 24 postes disponibles à l’année, ses effectifs ont déjà triplé. Les participants sont en majorité originaires d’Erythrée, de Somalie et du Sri Lanka.

Soutenu par la société coopérative Regiomech (Zuchwil), le projet s’appuie sur la loi fédérale sur les étrangers entrée en vigueur en 2008. Deux spécialistes de la migration y sont affectés (soit 1,7 poste équivalent plein temps). Ils assurent en moyenne 60 placements fixes par an, soit un taux de placement de près de 80%. Les placements temporaires sont plutôt l’exception, compte tenu des démarches et des coûts qu’implique l’obtention d’un permis de travail pour les employeurs.

Qualifications et aides pratiques

Le projet permet aux participants de se qualifier, notamment dans les métiers de l’usinage, du montage, du travail du bois, de la cuisine, du nettoyage et de l’entretien d’espaces extérieurs. Afin de couvrir un spectre d’offres plus large, Regiomech a d’emblée cherché à coopérer avec d’autres organismes, tout en développant son réseau de contacts, en particulier avec les services sociaux et le Centre d’aide aux victimes de tortures et d’actes de violence.

Au-delà de qualifications ciblées, le projet propose une aide pratique à la recherche d’emploi. Des ateliers leur permettent de mieux comprendre le système éducatif suisse et, donc de situer leurs parcours scolaire et professionnel dans le système suisse. Le régime suisse des assurances sociales et la prévention de l’endettement sont également abordés, tout comme des questions élémentaires de santé physique et mentale. Des exercices pratiques sont proposés, p. ex. pour apprendre les bases d’une cuisine saine, simple et économique, ou des astuces de lessive, de raccommodage et d’entretien des chaussures. Les participants peuvent aussi suivre des cours d’allemand et un cours de soutien linguistique impliquant une actrice, tout en bénéficiant d’un encadrement technique et stratégique à la recherche d’emploi. Les jeunes le souhaitant peuvent apprendre par eux-mêmes l’allemand et l’arithmétique et suivre des cours d’appui dans ces branches.

L’organisation de stages en entreprise et de journées découverte sur le marché primaire du travail concourt aussi à atteindre le haut taux de placement obtenu. Ces actions débouchent bien plus souvent sur un recrutement fixe que sur le simple envoi d’un dossier de candidature. La recherche d’employeurs potentiels est donc une préoccupation permanente.

Soutien conditionné aux résultats

Malgré son indéniable succès, le projet soleurois a également connu ses revers et impasses. Il a par exemple fallu composer avec des participants difficiles, qui ne réagissaient qu’après avoir été pénalisés dans leurs allocations sociales. «Serrer les cordons de la bourse» est souvent la seule solution, même si les politiques et les assistants sociaux y rechignent. Certes, les intéressés ne trouvent pas toujours leur compte à travailler: il est plus facile de se raccrocher à l’aide sociale que de se résoudre à exercer une activité peu valorisée. Au risque d’oublier qu’aux droits correspondent des obligations: car, si les participants bénéficient d’un soutien garanti par l’Etat, il faut souvent beaucoup de persuasion pour les motiver à se responsabiliser.

Commentaires
 
 
 
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Gerig Heinz | 11. mars 2013, 14:01

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Le prochain numéro paraîtra le 13 décembre. Focus: Hausse des exigences