Edition 06 | 2012

MARCHÉ DU TRAVAIL

Série «ORP sous la loupe»

Des solutions pragmatiques au premier plan

Les deux ORP de Porrentruy et de Wolhusen profitent des avantages des petites équipes: bonne vue d’ensemble, mobilité et rapidité de réaction.

Par Barbara Rebsamen

PORRENTRUY
Pas de licenciement malgré un chômage en baisse
Porrentruy est l’un des trois sites de l’ORP-Jura, avec Delémont et Saignelégier. Cette forme d’organisation a de nombreux avantages selon Nicole Gigon, cheffe de l’ORP. Certains conseillers en personnel spécialisés travaillent pour toutes les «filiales »: l’un s’occupe des chômeurs en fin de droit, un autre des clients faisant face à des problèmes sociaux ou de santé, tandis qu’un troisième se charge de l’orientation professionnelle. Les processus et les structures sont partout identiques, ce qui facilite l’échange de collaborateurs en période de surcharge de travail. Cette uniformité s’explique par la grande ressemblance des trois sites, mais aussi parce que la direction générale est assumée par une seule personne.

Au cours des deux dernières années, le taux de chômage du canton du Jura a diminué de 5,1% à 3,0%. Pour Nicole Gigon, cette amélioration rapide de la conjoncture serait due à la structure économique de la région. Près de la moitié de l’ensemble des places de travail jurassiennes se situent dans l’industrie et, pour la plupart, dans l’industrie horlogère. Cela explique également le nombre plutôt faible d’inscriptions au chômage. Actuellement, la majorité des clients de l’ORP Porrentruy sont employés de l’industrie et titulaires d’un passeport suisse. Mais la proportion de frontaliers ne cesse d’augmenter, plaçant ainsi l’ORP face à de nouveaux défis. Malgré la baisse du taux de chômage, l’ORP Jura n’a pas eu à licencier de collaborateurs jusqu’à présent. C’est une très bonne chose, indique Nicole Gigon, car les dossiers restants demandent beaucoup de temps et d’énergie. Les six conseillers en personnel de l’ORP de Porrentruy sont tous chargés d’une branche différente. Pour le moment, chacun d’entre eux suit environ 100 demandeurs d’emploi. Les conseillers doivent faire preuve de polyvalence et d’un grand sens des responsabilités: ils peuvent prononcer des sanctions allant jusqu’à quinze jours et sont aussi responsables du contact avec les employeurs, ainsi que de l’acquisition de places vacantes.

WOLHUSEN
Un échange intensif gage de succès
En termes de circonscription, l’ORP de Wolhusen occuperait la 2e place sur les cinq ORP du canton de Lucerne. Mais du point de vue du nombre de collaborateurs et de personnes encadrées, il arrive dernier. Son directeur Herbert Lustenberger considère son équipe de cinq conseillers et deux collaboratrices comme facteur de réussite: «Je suis toujours proche d’elle et je sens rapidement lorsqu’il y a un problème.» M. Lustenberger accorde beaucoup d’importance à une gestion active, à un bon esprit d’équipe et à l’amélioration constante de la qualité de travail. Tous les deux mois, il discute avec chaque conseiller de sa centaine de dossiers. Les analyses et les contrôles de cas permettent aussi d’échanger des idées et de trouver des solutions optimales pour des clients difficiles à placer. Par ailleurs, l’ORP se fixe régulièrement des objectifs contraignants. Depuis deux ans, il s’agit par exemple des thèmes «chômage de longue durée» et «réinscriptions». Divers aspects tels que les recherches d’emploi ont été traités de manière approfondie: comment améliorer la qualité des candidatures? A quoi ressemble un soutien idéal pour les chômeurs de longue durée?

«Actuellement, nous avons un taux d’inscription très élevé», dit le directeur. «Beaucoup de personnes ne trouvent que des postes temporaires et se réinscrivent régulièrement.» La fermeture des deux plus grandes entreprises a coûté env. 600 postes à la région ces dernières années. Depuis, il est encore plus difficile de retrouver un emploi fixe à proximité, notamment pour les auxiliaires. De plus en plus, les entreprises couvrent les pics de travail par des postes à durée déterminée. «Même si à la campagne les contacts sont plus étroits, les PME locales doivent surveiller leur rendement » indique M. Lustenberger. La bonne collaboration avec les employeurs est très importante à Wolhusen: chaque conseiller est en contact régulier avec au moins 30 entreprises.

Commentaires
 
 
 
imgCaptcha
 

Prochaine édition

Le prochain numéro paraîtra le 25 octobre. Focus: Égalité des sexes