Edition 06 | 2012

FORMATION

Formation professionnelle supérieure

Examen professionnel pour les spécialistes de la sécurité privée

Les employés du secteur de la sécurité privée sont recrutés à partir de domaines d’activité les plus variés. Depuis plus de dix ans, les agents de protection des bâtiments et de protection rapprochée peuvent valider une formation au degré tertiaire B.

Par Peter Knutti, responsable au sein du CSFO de l’unité Médias formation professionnelle.

Les services de surveillance et d’ordre connaissent une demande croissante, par exemple lors de manifestations culturelles et sportives ou dans les centres commerciaux. Les institutions publiques comme la police ne couvrent que partiellement les besoins du secteur. Par conséquent, le marché de la sécurité privée est en plein essor. En 2011, le secteur employait 18 000 personnes, soit environ 10 000 emplois à temps plein. Ces dernières années, il connaît une augmentation annuelle de ses effectifs de près de 5%. En 2011, le chiffre d’affaires du secteur s’élevait à 854 millions de francs.

Aucune formation professionnelle de base officielle n’existe pour les professions de la sécurité. Les employés sont formés par l’entreprise en interne, parfois en suivant des programmes complets. Afin de garantir les compétences techniques des employés, deux examens professionnels ont été créés: agent-e professionnel- le de sécurité et de surveillance (ASS) et agent-e professionnel-e de protection de personnes et de biens. Pour être habilités à passer l’examen, les candidats doivent fournir un certificat d’aptitude pratique, ou une formation équivalente, et justifier d’au moins deux ans de pratique professionnelle. Un extrait de casier judiciaire est également exigé. Les premiers à avoir suivi cette formation ont validé leur examen en 2001.

Privilégier la pratique

Les examens sont pour la plupart d’ordre pratique. Ils se fondent sur la simulation de situations concrètes. Les compétences suivantes sont évaluées:

- Les compétences sociales (p. ex. le comportement dans des situations extrêmes).
- Les connaissances propres au secteur (apprentissage de la perception du danger, surveillance d’objets, contrôle de personnes et de bagages, etc.).
- Les connaissances techniques (p. ex. pour les ASS: systèmes de sécurité, de verrouillage, d’alarme, d’extinction incendie, techniques du bâtiment, dispositifs d’urgence).
- La gestion d’une entreprise et le droit.

Les candidats sont préparés à l’examen par leur employeur. Responsable de la formation, l’Association des entreprises suisses de services de sécurité (VSSU) met depuis 2012 à la disposition des employés de ses sociétés membres une plateforme d’apprentissage en ligne (www.vssu-campus.ch) pour la préparation aux examens. Environ un tiers de l’ensemble des employés travaille à temps plein. L’examen professionnel n’a de sens que pour ces quelque 5000 personnes. Jusqu’à présent, 1391 personnes ont obtenu une validation confédérale. Une bonne partie des employés fixes est donc déjà en possession d’une carte professionnelle.

De Securitas à Broncos

La VSSU se compose de 77 sociétés membres, employant plus de 90% des salariés de sociétés de sécurité privées. La principale société de l’association est Securitas (41% des salariés), suivie par Protectas (environ 15%). De petits organismes sont aussi membres, comme Broncos Security AG, un groupe de motards bernois devenu notamment responsable de la sécurité au festival de musique du Gurten. Avec Unia, VSSU a négocié une convention collective, décrétée d’obligation générale par le Conseil fédéral. En plus des membres de VSSU, toutes les entreprises de plus de dix salariés doivent respecter ces dispositions. Précurseur de l’actuelle CCT, une convention collective interne avait été signée chez Securitas dans les années 1930.

Traité intercantonal

Selon le directeur de VSSU Wolfram Manner, il existe dans la sécurité des moutons noirs ne remplissant pas les conditions pour mener une activité avec sérieux, et qui disparaissent souvent rapidement. «Malheureusement, certaines entreprises ne respectent pas les salaires fixés par la convention collective. Elles causent des préjudices à leurs employés et nuisent à l’ensemble du secteur.»

Pour faire face à ces dysfonctionnements, les directeurs de justice et police romands ont signé en 1996 un traité intercantonal, définissant les exigences minimales pour la délivrance d’un permis par les autorités cantonales et communales. En vertu de ce traité intercantonal, la Conférence des directeurs des départements cantonaux de justice et police a adopté il y a deux ans un traité intercantonal semblable, qui entrera en vigueur en 2014. Il mettra également en place une convention nationale sur l’éducation et la formation des employés et des gérants.

Liens et références bibliographiques

www.vssu-campus.ch

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Prochaine édition

Le prochain numéro paraîtra le 13 décembre. Focus: Hausse des exigences